| CHAPITRE | DATE | AIDE |
| SOUS PRESSION | 02/01/2018 11:45:37 | DEMANDE |
A la fin de ce chapitre, tu seras capable de:
Dans le chapitre précédent, une des caractéristiques essentielles du masque est qu’il possède une poche incluant le nez pour pouvoir le pincer de l’extérieur. Un masque au volume interne réduit est plus facile à compenser, mais nous n’avons pas encore expliqué pourquoi. Ce n’est pas une bonne méthode d’étudier une chose sans savoir pourquoi, et un bon plongeur PSS Open Water Diver doit savoir non seulement comment faire une chose en plongée, mais également pourquoi il faut le faire. Examinons les choses en détail; les caractéristiques d’un masque sont directement liées à un phénomène extrêmement important en plongée : la pression augmente avec la profondeur. Mais qu'est-ce que la pression ? En physique, la pression est une force appliquée sur une surface. Prenons notre planète : où que tu te trouves, il y a de l’air en permanence. Cet air se trouve dans une couche partant de la surface et s’élève à une dizaine de kilomètres : c’est notre atmosphère. Grâce à la gravité, même les molécules d’air plus éloignées sont attirées vers la surface de la Terre : elles ont un certain «poids». Cela signifie que la couche qui se situe au niveau de la mer supporte tout le poids de l’air au-dessus d’elle.
Le poids de cet air exerce de façon uniforme une force sur tous les objets qui s’y trouvent. Cette force est la «pression atmosphérique».
Au niveau de la mer, cette pression est égale à 1.013 hPa (hecto Pascal- dénomination moderne pour l’ancien terme millibar). Mais pour simplifier, nous utiliserons l’ancienne unité de 1 Atm (Atmosphère).
Cependant, si tu grimpes sur une montagne à 3.000 m au-dessus du niveau de la mer, la portion d’atmosphère dans laquelle tu te trouves supporte un poids moindre de molécules, étant donné qu'elle débute à partir d'une hauteur de 3000 m au-dessus du niveau de la mer. A cette altitude, la pression atmosphérique aura une valeur d’environ 0,7 Atm [10.3 PSI].
Comme nous l’avons vu, les changements de pression dans notre atmosphère sont minimes, bien qu’ils induisent des conséquences parfois importantes (comme, par exemple, les conditions météorologiques). Dans l’eau, les changements de pression se produisent beaucoup plus vite et nous obligent à adopter des procédures tout à fait inconnues aux animaux terriens que nous sommes.
Tandis que pour obtenir 1 Atm à terre, il nous faut une énorme colonne d’air au-dessus de la tête (pratiquement toute la hauteur de l’atmosphère terrestre), il suffit d'une colonne d’eau de 10 m d’eau de mer seulement au-dessus de nous pour obtenir la même pression.
Donc en plongée à 10 m de profondeur, tu auras déjà une pression de 1 Atm supplémentaire, à 20 m elle passe à 2 Atm supplémentaires, etc.
La pression ainsi provoquée par l’eau s’appelle «pression hydrostatique».
En plongée, tu mesureras la pression à laquelle tu te trouves par rapport au vide absolu : tu utiliseras donc le terme de «pression absolue», c’est-à-dire l’addition des pressions hydrostatique et atmosphérique. De cette façon, tu tiendras compte non seulement de la colonne d’eau sous laquelle tu te trouves, mais aussi de la colonne d’air à la surface. A la surface (au niveau de la mer), la pression absolue est de 1 ATA (la lettre finale «A» indiquant la pression absolue), en descendant à 10 m sous l’eau la pression absolue double à 2 ATA, à 20 m à 3 ATA (la pression triple), etc.
Comme notre corps est essentiellement composé de solides et de liquides (incompressibles), il nous est difficile de nous apercevoir de ces changements de pression. En emportant avec toi sous l’eau un petit ballon rempli d’air, tu verrais qu’en descendant, le volume du ballon se réduirait au fur et à mesure.
a variation du volume dans le ballon est «inversement proportionnelle» à la pression absolue. Ceci veut dire simplement que si la pression absolue double, le volume du gaz diminue de moitié, si la pression absolue triple le volume n’aura plus qu’un tiers de sa taille initiale. Seules les parties de ton corps contenant des cavités aériennes sont concernées par ce phénomène.
Pour mieux comprendre les effets de la pression sur le corps, il faut différencier les cavités qui communiquent directement avec l’extérieur ou celles qui en sont séparées par une membrane.
Imaginons que nous plongions un seau vide retourné dans l’eau: tandis que la pression augmente au fur et à mesure que le seau descend, le volume d’air interne dans le seau se réduit proportionnellement et l’eau commence à remplir le seau. Si notre seau retourné est immergé de la même manière, mais cette fois-ci on a recouvert son ouverture d’une « membrane »,p.ex. une pellicule plastique, la pellicule commence à bomber vers l’intérieur (inflexion). A ce stade la pression à l’intérieur du seau est inférieure à la pression externe. En continuant à descendre le seau, la pellicule va continuer à résister à la pression externe et nous allons créer un état déséquilibré des pressions appelé « squeeze »: la pression interne dans le seau est inférieure à la pression externe. Ce déséquilibre se vérifiera pendant la descente, et ce jusqu’au moment où la pellicule se déchirera en raison d’une pression désormais trop importante.
Pour éviter ce déséquilibre entre les pressions interne et externe et prévenir la déchirure de la membrane, il faut trouver un moyen pour rajouter de l’air à l’intérieur de la cavité afin d’obtenir des pressions interne et externe égales. Cette technique s’appelle «manœuvre d’équilibrage».
Quels sont les espaces aériens de notre corps et où se trouvent-ils ? Tu possèdes des cavités complètement fermées qui ne pourront donc être compensées. Exemple: la carie dentaire. Imagine un plombage sommaire sur une dent cariée. Au fur et à mesure de la descente sous l’eau, le plombage subit une pression extérieure de plus en plus importante.
Résultat: la pression extérieure agissant directement sur le plombage peut te gêner jusqu’à engendrer une forte douleur. Tu pourras remercier la plongée en tant que test parfait de vérification de la qualité du travail de ton dentiste!
A l’intérieur du corps, tu possèdes des cavités aériennes que tu ne dois pas compenser par toi-même : ces cavités s’adaptent constamment à la pression locale telles que les poumons. Tu respires avec ton détendeur de l’air à une pression adaptée à la pression locale. Ce n’est pas le cas des apnéistes qui retiennent leur souffle.
La compensation externe ne peut plus avoir lieu! Il faut savoir que dans ce cas, ton corps s’adapte spontanément à la pression en faisant affluer une quantité importante de sang au niveau pulmonaire (phénomène connu couramment sous le nom de «blood shift»), afin de remplir l’espace vide dû à la compression de l’air dans les poumons.
Tu possèdes aussi des cavités séparées de l’extérieur par une membrane. Un exemple - même si c’est une cavité artificielle - est celui du masque. Pendant la descente, la pression augmente et l’air dans celui-ci se comprime et l'oblige à s’échapper par les côtés grâce à la souplesse de la jupe du masque. Au fur et à mesure que la différence entre les pressions interne et externe s’accroît, elle peut provoquer un écrasement du verre du masque sur le nez et la rupture des vaisseaux sanguins des yeux. Nous aurons des yeux rouges un certain temps. Cet effet s’appelle l’ «effet ventouse». Comment faire pour éviter cet inconvénient? Il suffit d’expirer de l’air par le nez dans le masque au fur et à mesure de la descente. C’est pour cela qu’il faut plonger avec un masque incluant le nez.
Un autre exemple de cavité reliée à l’extérieur à travers d’une membrane est l’oreille moyenne. Tu as dû t’en rendre compte en voiture lorsque tu descends rapidement une montagne ou bien lors d’un atterrissage en avion. Tu auras presque toujours la sensation bizarre d’avoir une ou deux oreilles bouchée. Comment expliquer ce phénomène? L’oreille est divisée en trois parties: l’oreille externe, simple cavité ouverte ; l’oreille moyenne, cavité gazeuse coupée de l’extérieur grâce à une membrane (les tympans) ; et enfin, l’oreille interne composée de tissus solides et d’un liquide. L’oreille moyenne se comporte exactement comme l’exemple du seau avec sa pellicule en plastique. En descendant, les tympans s’inversent et, s’ils sont stimulés excessivement, on aura a d’abord une sensation d’oreille bouchée. Si malgré cela on continue à descendre, on risque alors une rupture douloureuse de cette membrane: parfois pour cela il ne suffit de descendre que de quelques mètres de profondeur seulement. Alors, que faire?
Heureusement, l’oreille moyenne est reliée au palais à travers un petit conduit auditif (connu sous le nom de trompe d’Eustache). De cette façon, il nous sera possible, en effectuant une «manœuvre d’équilibrage», d’envoyer de l’air dans l’oreille moyenne pour compenser la pression externe. Attention, les bouchons pour les oreilles ne doivent jamais être utilisés en plongée! En effet, avec l’augmentation de la pression, ils seraient poussés à l’intérieur de l’oreille, perçant ainsi la membrane tympanique.
Grâce à la manœuvre d’équilibrage, nous pouvons rééquilibrer la pression interne, non seulement de l’oreille moyenne, mais aussi des sinus frontaux.
Les sinus frontaux sont responsables de sinusites désagréables, une irritation locale qui peut obstruer ces conduits. Ce qui peut également arriver aux tubes auditifs quand on est enrhumé. C’est pour cette raison qu’il est vivement recommandé de ne jamais plonger lors d’un gros rhume ou d’une sinusite.
Si tu as difficultés pendant la manœuvre d’équilibrage, il faut interrompre ta plongée. Nous parlerons plus en détail de cette situation dans le chapitre 6.

Que se passe-t-il quand la pression diminue en remontée? Les cavités fermées reprennent leur volume d’origine, exactement comme pour les poumons des apnéistes. Les cavités ouvertes peuvent laisser s’échapper la quantité éventuelle de gaz en excès sans aucun problème. Mais que se passe-t-il pour les cavités fermées par une membrane? Si le gaz excédentaire n’est pas éliminé durant la remontée, sous la poussée de la pression interne («extroflexion») la membrane se courbe vers l’extérieur. Si la pression externe continue à diminuer, cette membrane se courbera à son maximum : dans la cavité la pression est supérieure à la pression externe. Nous sommes dans une situation de «barotraumatisme en remontée». Si la situation progresse, la membrane finira par se rompre. Heureusement la jupe souple du masque permet à l’air en excès de s’échapper! Même observation pour l’oreille moyenne qui, grâce à son conduit auditif ouvert, permet à l’air de sortir automatiquement. Nous verrons dans le chapitre 6 la conduite à tenir dans le cas où l’air n’arriverait pas à trouver librement son chemin vers la sortie.
Dans le cas d’une carie dentaire en contact avec l’extérieur, en descendant, tu ne ressentiras probablement aucune douleur, mais lors de la remontée tu commenceras à la sentir. En effet, pendant la plongée, le petit trou de ta carie aura pu se boucher en bloquant de l’air à l’intérieur. Si l’air n’arrive pas à sortir pendant la remontée, en plus de la douleur le plombage pourra même sauter. Ce n’est certainement pas une expérience agréable, mais tu aurais dû de toute façon passer chez ton dentiste pour refaire ton plombage !
Comme tu viens de le voir dans le précédent paragraphe, dans le cas d’un rhume important ou d’une sinusite, il vaut mieux éviter la plongée parce que tu pourrais facilement rencontrer des difficultés pour l’équilibrage. Il vaut mieux appliquer cette précaution à chaque fois que ton état de santé n’est pas des meilleurs. Plonger doit être un plaisir et cela ne sera certainement pas le cas si tu as de la fièvre, le mal de mer, des crampes d’estomac ou d’autres problèmes... Il ne faut jamais hésiter de renoncer à une plongée.
Bientôt tu découvriras que la plongée est un sport facile et qu’il ne faut certainement pas avoir un physique d’athlète. Mais si par hasard tu devais te retrouver à nager contre-courant, en surface ou sous l’eau, il est préférable d’avoir une bonne condition physique et avoir du souffle à revendre. Dans ce cas, une bonne préparation sportive contribue à ta sécurité en plongée. Si tu ne te sens pas «en condition», envisage de suivre un programme d’entraînement sportif.
L’entraînement sportif le plus indiqué pour la plongée est la natation, si possible avec palmes, masque et tuba. Mais d’autres activités peuvent naturellement être pratiquées, comme la course à pied, la bicyclette, la marche rapide et tant d’autres encore.
Dans le cas classique d’une crampe au mollet, il faut avant tout s’arrêter de nager et ensuite étirer le muscle le plus possible jusqu’à ce que la crampe cesse. Attention, si tu recommences immédiatement à nager de la même manière, tu cours le risque d’en contracter une autre. Si tu changes de technique de natation, cela sera beaucoup moins risqué. C’est pour cette raison que ton moniteur PSS t’apprendra plusieurs techniques de natation adaptées à la nage avec palmes.
Manuels, des quiz, des vidéos pédagogiques et la possibilité d'interagir avec l'instructeur, sont toujours disponibles pour aider les élèves à étudier et se préparer pour le monde de la plongée à tout moment et de partout.
nous avons créé le meilleur programme possible pour atteindre votre désir de passer à PSS...